Révolution française

Le serment du Jeu de Paume de Jacques-Louis David

 

Le Serment du Jeu de paume De Jacques-Louis David en 1791 101.2 × 66 cm

Le Serment du Jeu de paume, Jacques-Louis David, 1791, 101.2 × 66 cm conservé au musée national du château de Versailles

 

Jacques-Louis David qui est un peintre fortement engagé, et qui particulièrement favorable à une révolution française vers 1789, va nous raconter un des moments clef de ce reversement des pouvoirs à savoir « Le serment du Jeu de paume » au travers de son tableau monumental. D’une hauteur de 66 cm, et d’une largeur de 101,2 cm a été réalisé par les techniques de la plume et de l’encre brune. Ce chef d’œuvre a été réalisé en 1791 et représente donc le 20 juin 1789. Ce tableau est conservé au Musée national du Château de Versailles. Notons que ce tableau se situe à mi-chemin entre la propagande et la commémoration. Cet épisode fondateur de la politique française marqua une étape décisive quant à son évolution, et ce thème fut largement répercuté par l’image selon le site de la Mairie de Paris : Carnavalet-Histoire de Paris.

 

Afin de tendre à résoudre la crise financière que subit le gouvernement français, Louis XVI convoque au printemps 1789 les Etats Généraux. Autrement dit, le roi fait venir les trois différents ordres de l’époque, qui se trouve être, la noblesse, le clergé et le tiers état. En raison des conservateurs des ordres privilégiés, cette réunion des états généraux ne débouche sur aucunes réformes satisfaisantes pour le tiers état. Les délégués progressistes souhaitent intégrer le vote par tête, et non plus par ordre. En effet, seul le vote par tête pourrait permettre un renversement du pouvoir. Le 17 juin 1789, la situation est encore bloquée. C’est alors que le tiers état se proclame « Assemblée nationale« . Par la suite, ils s’allieront avec une partie du clergé. Afin de faire obstacle à cette initiative à portée révolutionnaire du tiers état, la Cour autrement dit le Roi, fit fermer la salle des séances le 20 juin 1789. Les députés refusant de se laisser abattre, se rendirent dans un gymnase proche où était pratiqué le jeu de Paume. Cette salle se situait non loin du Château de Versailles. C’est alors qu’est proclamée solennellement le 20 juin 1789, que les députés ne se séparons pas avant d’obtenir une Constitution rédigée :
« Nous jurons de ne jamais nous séparer et de nous réunir partout où les circonstances l’exigeraient, jusqu’à ce que la Constitution du fût établie et affermie par des fondements solides. »

Par conséquent; le serment du Jeu de paume est illustration d’un évènement fondateur de la démocratie française qui engendrera la séparation des pouvoirs et de la souveraineté nationale. Je cite, selon la plateforme numérique du Château de Versailles : « En est issue l’Assemblée nationale Constituante qui a voté, en août 1789, l’abolition de la féodalité et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen« .

Nous analyserons avant d’aborder le tableau de Jacques-Louis David, la salle du Jeu de Paume autrement dit le gymnase royal au musée de la Révolution française selon l’approche du site internet du Château de Versailles. La salle du Jeu de paume; propriété privé; fut construite en 1686. C’est la famille royal, plus particulièrement le Roi lui-même qui y pratiquait la paume, qui se trouve être l’ancêtre du tennis. On peut mettre en avant un paradoxe dans ce lieu vivement fréquenté par la royauté mais qui fut plus tard l’emblème de la révolution, et du renversement des pouvoirs. En 1793, cette salle reviendra à la Nation de fait d’un décret de la Convention. Sous l’IIIe République, cet ancien gymnase sera restauré. Les travaux de restauration du bâtiment ainsi que le décor seront placés sous la direction de l’architecte Edmond Guillaume (1826-1894). C’est plus précisément en 1880, que débutera ces restaurations.  Cet architecte érigera un édicule soutenu par deux colonnes de marbre qui est surmonté d’un coq en bronze qui fut réalisé par Auguste Caïn. Cet édicule dorique encadre la statue en marbre de Sylvain Bailly. C’est autour de la salle que se dessine une frise de feuillages où sont peints les noms des différents signataires lors de l’évènement fondateur de la démocratie française de 1789. Vingt bustes y sont également présents afin d’illustrer les hommes les plus importants de cette assemblée.

Afin d’aborder l’analyse de cet œuvre de manière la plus complète qu’il soit, nous nous appuierons de plusieurs ressources numériques. La scène se déroule, comme nous l’avons vu précédemment, dans la salle du Jeu de paume, dont Jacques-Louis David dessinera l’architecture in situ. Dans cette composition, selon le site « Histoire par l’Image« , on peut remarquer que les députés sont organisés de façon à laisser penser à une ligne fictive comme nous pourrions le voir sur une scène d’un théâtre. Ce qui peut permettre au spectateur d’avoir la sensation d’appartenir au reste du public qui n’est pas présent sur le tableau. On voit donc apparaitre dans cette œuvre une certaine théâtralité, qui est accentuée par les gestes des députés. La nudité que l’on peut voir dans ce tableau illustre l’idéalisation de la scène selon Jacques-Louis David, qui n’était pas présent lors de ce moment symbolique. En effet, on peut voir cette représentation comme une façon de hisser ce moment historique au rang d’acte universel. Tous les personnages sont tournés vers le maire de Paris, Bailly, qui est ébauché sur la toile au crayon blanc. En effet, ce doyen du tiers état, répond au marquis de Dreux-Brézé, émissaire du roi : « Je crois que la nation assemblée ne peut pas recevoir d’ordres« . La personne prononçant le serment se trouve au centre de la représentation de David, ce qui peut symboliser l’union de la nation pour la Révolution. Autrement dit, tous les français, qu’ils soient protestants, catholiques, privilégiés ou non, ils sont tous unis pour une même cause. Cette toile inachevée de Jacques-Louis David représente quatre portraits pas tout à fait finis de Barnave, Michel Gérard, Dubois-Crancé et Mirabeau. Parmi les personnages ébauchés on peut distinguer Robespierre, Dom Gerle, l’abbé Grégoire, Rabaud-Saint-Etienne, le docteur Guillotin ou encore Treilhard.

Jacques-Louis David souhaite par son œuvre réalisé une nouvelle peinture représentative d’une nouvelle France révolutionnaire. C’est donc une mouvance révolutionnaire qui va nous être montré dans le cas présent. A l’aide du PDF provenant de la plateforme numérique  » lewebpedagogie.com« , nous étudierons de manière plus précise ce tableau. On peut remarquer que la source de lumière provient des spectateurs qui sont installés aux balcons. L’artiste donne ici, un rôle important au peuple, ce qui illustre aussi le rôle du peuple dans cet évènement historique, qui consiste en une sorte d‘inspiration des députés. Si nous reprenons la représentation des corps nus sous les vêtements, on peut y voir la formation néoclassique du peintre, ainsi qu’une certaine mise en valeur des personnages à l’antique. En effet, on voit donc une iconographie mythologique discrète qui fait son apparition dans cette œuvre. On a une réelle mise en mouvement des corps dans ce tableau, par les jeux des personnages qui mette en avant une ligne de force qui illustre comme nous l’avons dit précédemment l’union du peuple français contre les ordres privilégiés. On a une certaines sensations de bruits incarné par ce mouvement, mais également illustré par les bouches ouvertes des individus représentés. Notons que Jacques-Louis David n’a pas pu achever son œuvre. En effet, en 1792 il s’apprêtait à terminer son tableau seulement celui-ci n’était plus adéquate du point de vue politique. A cette époque, l’union nationale n’est plus d’actualité. De plus, certains personnages qui sont représentés sur « Le serment du Jeu de Paume« , sont devenus des « ennemis » de la Révolution. Prenons pour exemple, Mirabeau dont les correspondances avec le roi ont été découverte lors de la prise des Tuilerie en août 1792. Selon le point de vue du spectateur, ce tableau peut être perçu d’un point de vu négatif ou positif. En effet, en tant que conservateur des privilèges cette œuvre est l’annonciation de l’abolition des privilèges et de la société d’ordre. Dans le cas inverse, en tant que révolutionnaire ce tableau illustre l’émancipation des ordres privilégiés, mais aussi l’avènement de l’égalité des droits ainsi que l’intérêt collectif qui prime sur l’intérêt personnel ou d’une minorité du peuple.

 

W.G

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Marat assassiné

Il en serait temps, attaquons-nous aujourd’hui au célèbre tableau de David, dont la reprise a su offrir un certain charme à la bannière de ce blog, soit, Marat assassiné. Le blog dont est extrait l’article sur lequel nous nous baserons pour cette étude s’intitule Vulg’art, et cache sous le sarcastique slogan « Un blog qui parle d’Art (mais aussi de peinture et de sculpture) » un petit trésor de vulgarisation artistique. Au fil des articles, l’internaute –celui même qui fréquente d’ordinaire les pages de jeux en ligne, et qui réfute le savoir qui lui est offert au bout d’un clic – pourra se cultiver et enrichir ses notions en Histoire de l’art pour épater la galerie. Tous les articles sont clairs, simples, parfois trop, et pourtant assez justes, le tout saupoudré d’une nuance d’humour dès l’intitulé.

« Martyr, c’est mourir un peu », voilà déjà le titre de l’article nous intéressant. Dans une première partie, l’auteur reprend l’historique de la scène, ou comment le 13 juillet 1793, Marie-Anne Charlotte Corday assassina Jean-Paul Marat, figure emblématique de la Révolution française. Sa mort fut immédiatement mise à profit, et naquit alors le premier grand martyr de la cause révolutionnaire. Pour appuyer ce nouveau statut, il fut proposé à Jacques Louis David, ami et compagnon de lutte de la victime, de représenter « l’injuste meurtre ». David s’en alla alors sur la scène du crime, faire un croquis du visage de son ami à peine froid, certainement sans avoir eu le temps de le pleurer, si bien qu’on peut se demander si l’art, ou l’usage de celui pour le bien de la Révolution passe avant le bien être des proches de David.

Jacques Louis David, Tête de Marat mort, 27 x 21 cm, musée national du château de Versailles.

Jacques Louis David, Tête de Marat mort, 27 x 21 cm, musée national du château de Versailles.

L’auteur entreprend ensuite de résumer les spécificités de David, son mouvement, ses valeurs esthétiques et morales. Il rappelle un juste rapprochement de la pose de Marat avec celle de la figure du Christ dans la Pietà de Michel-Ange. David aurait alors cherché à appuyer la condition de victime de Marat : le pauvre homme, dévoué à sa nation au point de travailler jusque dans un bain curatif (heureusement, nous savons aujourd’hui que l’eau est l’un des pires cauchemars de l’eczéma dont il souffrait) quand il fut lâchement assassiné. Le décor si activement épuré, si modeste que seule une caisse en bois meuble la scène, exprime la modestie et le rôle de bénévole de Marat dans la Révolution. L’auteur parvient même en rapprochant le tableau de Bruxelles à sa version préliminaire, à remarquer que le sourire du Marat pourrait exprimer que la Révolution, plus qu’un acte de la bourgeoisie, est l’affaire de chacun.

Enfin, après un bref aperçut de la vie de David, l’article se conclue sur la citation « Laissez-moi où je suis. Je ne demande rien. Je ne voulais que la tranquillité. Je l’éprouve, je suis content. Ubi bene, ibi patria” qui revient à faire penser que l’exil du peintre fut pleinement accepté par celui-ci.

Bien sûr, l’article ne fait que résumer ce que nous pourrions appeler une « analyse d’œuvre », en sa qualité de « vulgarisation » prôné par l’auteur, si bien que pour mériter sa place dans cette catégorie de notre blog, il est de notre devoir d’étoffer ses dires.

Après avoir été ébloui par la bannière éclatante de vitalité du site que voici, attardez vous un instant sur l’ingénieux outil proposé plus bas. Celui-ci propose des informations pratiques sur la composition du tableau, de la provenance de la lumière aux lignes de force, en passant par une douteuse palette de couleurs. Néanmoins, c’est clair, c’est frappant, voilà notre tableau décomposé.

Ensuite,  il nous faudra nous contenter des sources de Wikipédia. Car nous aurons beau dire, la page concernant notre tableau est extrêmement attrayante, car correctement fournie. Celle-ci cite David s’adressant au propos de Marat : «Le vrai patriote doit saisir avec avidité tous les moyens d’éclairer ses concitoyens et de présenter sans cesse à leurs yeux ses traits sublimes d’héroïsme et de vertus ». Le voici encore une fois, ce héros mort en martyr, que la France entière, et la Liberté même devraient pleurer. La signature de David « A Marat, David, l’an deux », résume autant l’amitié qui liait les deux personnages que leur engagement politique, puisque la date est ici traitée avec le calendrier républicain.

détail de la signature

Une esquisse d’un autre martyr fut réalisée par David, la Mort de Bara, malheureusement inachevée.

L’acmé est touchée, Marat pousse son dernier soupir dans un bain de sang – détail étonnamment morbide pour David, mais qui souligne le martyr de la victime – la lettre de sa meurtrière toujours en main, le tout admirablement, ou justement, ou bien même exagérément – selon le point de vue que vous adopterez – dramatisé par la poussée à un extrême du néoclassicisme dans la représentation magistrale de la mort pour la cause révolutionnaire.

C.C.

Contexte historique (partie 2/4) : la Révolution Française

Pour comprendre les évolutions de l’art de Jacques-Louis David, il est nécessaire de s’arrêter sur les bouleversements qui agitent la France au cours de sa vie. L’un de principaux, et non le moindre, est la Révolution française de 1789.

Un premier site pourra nous éclairer sur cette époque, celui de l’Histoire de France, et sur toutes les dates importantes qui ont formé l’événement le plus marquant de l’Histoire de France : la Révolution Française.

Relatant tout un autre article sur le sujet de la France avant 1789, et sur la question de pourquoi les États Généraux furent imposés à Louis XVI, le site de l’Histoire de France débute son intitulé « la révolution française » par un première partie nommée « les grands évènements », débutant dès la déclaration du Tiers Etat de se nommer Assemblée le 17 juin 1789.

Les commentaires sur les périodes de la Révolution sont clairs, quoi que courts et éludant certaines réflexions au profit de célèbres citations comme « C’est une révolte ? » « Non Sire, c’est une révolution » (sous partie La prise de la Bastille).

Jacques-Louis David, Le serment du Jeu de Paume le 20 juin 1789, huile sur toile, 1791, Musée Carnavalet, Paris

Jacques-Louis David, Le serment du Jeu de Paume le 20 juin 1789, huile sur toile, 1791, Musée Carnavalet, Paris

Le site poursuit, après la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 10 aout 1793 sur le thème de Louis XVI, composant ainsi sa deuxième partie, « une grande instabilité ». Celle-ci rappelle la sombre époque que vit la France, tiraillée entre pouvoir royal et tentatives d’aménagement républicain.

La troisième partie, intitulée « le renversement de la monarchie » s’ouvre sur la prise du peuple du palais des Tuileries, et l’emprisonnement du roi à la prison du Temple. Suivant un article sur la Convention, nous en retrouvons un suivant sous le nom du « procès du roi », qui achèvera la partie avec le guillotinement de Louis XVI.

La quatrième grande partie se nome « l’avènement de la Terreur ».  Le site y retrace la période de troubles qui saisit la France avec par exemple l’insurrection vendéenne.

L’article consacré à la Révolution française se poursuit avec les guerres fratricides entre Montagnard, Girondin et Communards, l’assassinat de Marat – illustré par David – et la révolte fédéraliste qui ébranle le pouvoir de la Convention. Un gouvernement révolutionnaire est mis en place et dès juin 1793, la Terreur est en marche, éliminant tous ceux qui avaient participer au rêve républicain. La partie s’achève avec le guillotinement de Marie-Antoinette.

La cinquième grande partie, intitulée « la fin de la Terreur » se résume à la condamnation de Robespierre, accusé de dictature, et à la montée des bourgeois modérés et des royalistes, déclarant après le décès du jeune Louis XVII dans la prison du Temple son oncle Louis XVIII.

La dernière grande partie est nommée « le Directoire ». Elle débute avec la rédaction de la troisième Constitution et le premier Directoire qui tente de réconcilier tous les partis. Bonaparte apparaît sous le deuxième Directoire, lors du conflit entre monarchistes et directeurs aux derniers principes révolutionnaires, et se démarque par ses prouesses de général en Italie. Si l’auteur de ce site semble avoir fait un impressionnant travaille de recherche, nous ne pouvons qu’applaudir, ou détester, la façon succincte avec laquelle il parvient à relater ce pourtant gigantesque épisode de la Révolution française.

C.C.