peinture

Les Sabines de Jacques-Louis David

 

De Jacques-Louis David, en 1799, Musée du Louvre, Paris

De Jacques-Louis David, en 1799, Musée du Louvre, Paris

 

Réalisée en 1799, l’œuvre a été dessinée dès septembre 1794, alors que David est emprisonné après la chute de Robespierre dont il était un proche. Cette œuvre fut exposée par David jusqu’en 1805 au musée du Louvre, avant d’être transportée en 1816 dans son atelier de l’église de Cluny, dont le peintre Gros assurait la surveillance. L’œuvre fut achetée par l’État, en même temps que Léonidas aux Thermopyles en 1819 pour la somme de 100 000 francs les deux. Le tableau fut alors exposé au musée du Luxembourg avant d’entrer au musée du Louvre, à la mort de David en 1826. Ce tableau néoclassique est une huile sur toile de 385 cm sur 522 cm, qui témoigne ici de la forte influence qu’a exercé l’antiquité

De Jacques-Louis David, en 1784  H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

De Jacques-Louis David, en 1784
H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

romaine sur sa peinture. Après son succès au concours de la villa Médicis, David a en effet poursuivi à Rome des études d’architecture et d’histoire antique. Il a d’ailleurs choisi pour ce tableau de 1799, un des épisodes légendaires de l’histoire romaine. En préparant cette toile, David avait affirmé : « Je veux faire du grec pur. » Il souhaitait se renouveler en abandonnant le style romain et sévère du Serment des Horaces (musée du Louvre) et Les Sabines fut donc pour lui un nouveau manifeste.

 

Nous débuterons cette article par l’histoire du mythe représenté sur ce tableau. De ce fait, nous utiliserons dans un premier temps, la plateforme nuérique du Louvre, qui aborde la mythologie associé à cette oeuvre de Jacques-Louis David. Cette représentation illustre un épisode légendaire des débuts de Rome au VIIIe siècle. En effet, lors de la fondation de Rome, les Romains manquant de femmes, ont décidés d’enlever les femmes des Sabins. Cette scène fut représenté par Poussin et elle est actuellement présentée au Louvre. L’épisode qui est représenté ici se situe trois ans après cet enlèvement lorsque les Sabins tentent de venir récupérer leurs épouses et que ces dernières s’interposent pour éviter le combat. Ce combat avait débuté sous les remparts du Capitole à Rome. Le peintre donne dans cette représentation un résumé frappant de ce combat.

Nous allons mettre en avant une analyse technique de cette composition. Notons que l’action se situe en extérieur. Le paysage quand à lui est à peine visible. Le sol est entièrement masqué par les personnages et le ciel n’occupe que la moitié supérieure droite du tableau. A l’arrière-plan, la forteresse nous dessine une vue imaginaire de Rome. Elle est particulièrement importante et domine en quelque sorte l’action; ce qui lui permet ainsi d’acquérir une valeur symbolique. Dans cette oeuvre, on a l’illusion d’un relief. En effet, contrairement au tableau de Poussin, que nous avons cités précédemment, tout s’ordonne autour d’un point de fuite central. Or, dans le tableau de David, il conserve un parti pris pour le frise, même au sein de la mêlée. Dans cet tableau, il n’y a pas de profondeur mais l’illusion du relief. On aborde un tableau homogène, avec des couleurs qui sont plutôt pâles : gris, beige, des rouges pâles. De plus, on ne voit pas de contrastes violents dans ce tableau. Nous pourrons remarquer qu’une grande attention est portée aux différents détails de cette œuvre grâce à l’utilisation de pinceaux très fins. Nous pouvons voir ces détails par la chaussure du Romain ou encore les reflets sur l’ongle du Sabin. Les vêtements ainsi que les armes se situent dans l’antiquité, ce qui suit bien le mythe des Sabines. On peut également remarque l’utilisation d’une toile particulièrement lisse, du fait des couleurs qui ont été déposées de façon très homogène sur une toile de lin dont on distingue la trame dans quelques endroits.

De jacques-Louis David  Zoom sur Romulus, le roi de Rome, dans les Sabines.

De jacques-Louis David
Zoom sur Romulus, le roi de Rome, dans les Sabines.

Nous analyserons les sujets abordés dans le tableau. On remarque que Jacques-Louis David a réussi à résumer toute l’action de cette oeuvre par le biais du groupe d’individus au centre du tableau qui se dénote des autres personnages. Le tableau s’articule autour des deux groupes que l’on peut voir distinctement. Ces deux groupes se font face et ils sont séparés par les Sabines. On peut voir à gauche les Sabins et au premier plan l’un de leurs guerriers. Il s’agit du roi des Sabins, Tatius. C’est le père de la Sabine, Hersilie qui s’interpose entre lui et le romain que l’on voit à droite. Il ne s’agit pas de n’importe quel romains, il s’agit du roi de Rome Romulus mais c’est également le marie d’Hersilie. Nous savons qu’il s’agit de Romulus, du fait de son bouclier, où l’on peut reconnaître le motif de la Louve. Ce motif illustre la création de Rome avec Rémus et Romulus. Ces deux guerriers se font donc face. Ils sont prêts à s‘affronter, l’un brandit une lance et l’autre est prêt à se défendre à l’aide de son bouclier. Grâce à l’arrivée d’Hersilie, cette attaque n’aura sûrement pas lieu. Hersilie située au centre est vêtue de blanc, ce qui symbolise peut-être la paix entre les romains et les Sabins. Les autres Sabines sont déployées derrière elle, également au centre de l’oeuvre. En effet, elles représentent toutes la causes de cette guerre, mais également les raisons de la paix. Toutes ses femmes s’interposent donc à cette guerre. Une autre des femme tente de les émouvoir du fait de son vieil âge, une seconde se jette aux genoux du soldat de droite, tandis que la troisième met en avant les enfants qui se trouvent allongés sur le sol. De plus, on peut voir juste derrière, une autre femme qui élève un enfant vers une forêt de lances. On voit donc, une intention franche de faire cesser ce combat de la part des femmes. On peut voir à gauche, des cavaliers ainsi que des enseignes et des piques, qui sont bien le symbole de la guerre.

A l’aide du site internet; Lettres.tice.ac-orleans-tours, nous aborderons des éléments afin d’obtenir une meilleure lecture de ce tableau. En effet, ce site répertorie plusieurs catégories, qui nous seront utilles; la description du tableau, le contenu narratif, l’analyse technique, et pour finir l’interprétation symbolique et l’enjeu idéologique. Nous nous intéresserons dans cette partie à l’interprétation symbolique de la toile, ainsi qu’à son enjeu idéologique. Dans un premier temps, il faut savoir qu’avant ce chef d’oeuvre, Jacques-Louis David a dessiné la première fois les Sabines lorsqu’il était en captivité au palais du Luxembourg, en septembre 1794. David ayant été élu député à la Convention en septembre 1792, il a voté pour la mort du roi. On peut donc voir dans l’oeuvre des Sabines, autrement dit dans la réconciliation entre les Romains ainsi que les Sabins, une illustration de la vie politique dans laquelle Jacques-Louis David évoluait. En effet, ce tableau peut être vu comme un plaidoyer pour la paix civile et la réconciliation nationale. On a donc un effet miroir entre l’art et la réalité. Ce tableau aborde aussi un passage de l’histoire de France relativement sanglante. Comme nous l’avons vu précédemment, Les Sabines est une oeuvre empreinte du néoclassicisme. On peut penser que cette oeuvre a pour volonté d’être une peinture d’histoire. Autrement dit, une peinture qui instruit sur certains évènements mais qui doit également avoir une porter esthétique afin de plaire à un grand public.

 

W.G

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Le Serment des Horaces de Jacques-Louis David

 

De Jacques-Louis David, en 1784  H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

De Jacques-Louis David, en 1784
H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

 

Né d’une commande de Louis XVI qui voulait acquérir une œuvre noble et morale, le Serment des Horaces de Jacques Louis David (huile sur toile, 330 × 425 cm, musée du Louvre, Paris) illustre un épisode de l’Histoire de Rome. En effet, c’est au VIIe siècle avant J.-C., que les trois frères Horace, qui avait été choisis par les Romains afin de défier les Curiaces, champions des Albains. Le but étant de mettre fin à la guerre qui opposait les deux cités. Les romains ont reçus leur armes de leur père, quand aux femmes de leur famille, elles s’apitoient sur leur douleur. Cette commande royale, est à elle seule le manifeste d’un style artistique nouveau, le néoclassicisme selon la plateforme numérique du Louvre. Que ce soit l’architecture de la salle représentée, ou encore les attitudes des guerriers, tout dans ce tableau est régentés par la géométrie.

 

Jacques-Louis David a choisi ce sujet de l’histoire romaine pour sa première commande royale en 1784. En effet, il souhaite débuter sa carrière publique par une sorte de coup d’éclat à l’aide d’un tableau inspiré de nouveauté. De ce fait, il va délaisser les sujets mythologiques de son premier maître, Boucher. Le but étant de s’approprié les points communs des oeuvres des historiens romains et de la pièce classique de Corneille, Horace (1640). Ici est illustré une peinture morale empreinte de patriotisme. Il va néanmoins, dans cette oeuvre s’inspirer de l’art antique. Dans un premier temps, nous allons reprendre l’histoire des Horaces et des Curiaces afin de mieux saisir la porter de l’oeuvre. C’est au VIIe siècle av J-C., afin de parvenir à mettre fin à une guerre particulièrement sanglante entre Rome et Albe, que les deux cités vont désigner leur champions et par conséquent leur représentant. Rome choisit les Horaces, et Albe choisit les Curiaces. Cependant, il faut savoir que ces deux familles étaient unies par plusieurs mariages, d’où la représentation des femmes épleurées sur le côté du tableau. La scène représentée sur ce tableau, est sûrement une scène inventée par Jacques-Louis David. Elle illustre les Horaces avant le combat. Les trois frères sont représentés entrain de faire le serment de vaincre ou de mourir pour leur cité, à leur père. Comme nous l’avons dit précédemment, sur le côté droit nous pouvons voir plusieurs femmes rassemblées. Elles sont accablées et n’écoutent que leur sentiments face ce combat qui va bientôt commencer. Sabine, soeur des Curiaces et femme de l’aîné des Horaces, ainsi que Camille, soeur des Horaces et fiancée à l’un des Curiaces, inclinent tristement la tête. Derrière elles, la mère des Horaces embrasse ses petits-enfants.

De Jacques-Louis David, en 1784  H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

De Jacques-Louis David, en 1784
H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

La composition est large et simple. La scène se situe dans la cour intérieure d’une demeure de patriciens romains. Du fait de l’arrière-plan obscur, toute l’attention du spectateur est attirée sur le premier plan. L’espace est clos et il se trouve parallèle au plan du tableau. Les personnages sont représentés en grandeur nature. De plus, ils sont peu nombreux, on en décompte 9 personnages. Tout ces personnages sont disposés de manière précise; en frise au premier-plan. Cette représentation en frise, avec le bas-relief ainsi que l’architecture classique avec des colonnes doriques derrière les personnages, proviennent de l’antiquité. La représentation entière est statique. La scène se déroulant juste avant le combat, elle a pour symbole un moment solanel et fixé dans le temps par ce serment. Une certaines rigueur, et froideur se développe dans cette oeuvre. Ceci étant dû à la géométrisation importante dans ce tableau. Les traits horizontales et verticales de l’architecture fige la toile. La scène est construite sur un rythme dit ternaire. En effet, on peut voir trois parties distinctes. Nous commencerons par l’arrière-plan, avec les arcades qui coupent cette composition en trois parties, mais qui en même temps crée un lien entre les différents groupes de personnages, selon le site internet « mapage.noos« . A gauche, nous avons les trois frères, au centre le père, et à droite les femmes et les deux enfants.

Nous allons maintenant aborder les différentes lignes dans la composition. Nous avons tout d’abord de nombreuses lignes de fuites qui convergent toute vers les épées, symbole de ce serment qui se trouve être le sujet de ce tableau. Ceci étant accentué par les lignes qui découlent des quatre hommes. En effet, ils sont fortement dominés par des lignes droites, ce qui accentue le caractère sérieux de l’action. Mais aussi une certaines volonté de gagner et une virilité. En effet, les bras et les jambes sont tendus, on remarque les épées et les lances qui accentues les lignes droites. En contre partie, on peut voir des lignes courbes qui représentent les femmes et les enfants. Ces lignes courbes peuvent représentées le chagrins qui anéanti, et qui les écrase. En effet, elles s’abandonnes devant le serment auquel elle assiste. De plus, on peut voir que les hommes, qui sont debout surpasse la médiane horizontale de l’oeuvre, quant aux femmes et aux enfants, ils se situent qu’à la moitié inférieure. On a donc, un fort contraste entre le groupe des hommes et celui des femmes. De plus, ce contraste va être accentué par les couleurs de la composition. En effet, on peut voir que les hommes sont habillés avec des couleurs éclatantes, ce qui illustre une certaine vitalité, une force. En revanche, les femmes portent des couleurs plus pastelle. On peut donc penser que Jacques-Louis David veux nous illustrer que l’intérêt public, autrement dit dans le cas présent la défense de Rome (illustré par les hommes) prime sur les intérêts privés tels que l’amour, la famille, etc., qui sont illustré par les femmes.

De Jacques-Louis David, en 1784  H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

De Jacques-Louis David, en 1784
H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

Pour terminer, nous allons aborder la luminosité de ce tableau. On voit apparaitre un éclairage latéral et plutôt intense. Ceci étant dû au contraste réalisé avec le fond de la composition qui est quasiment noir. On peut voir que le père fait face à cette lumière qui provient de la gauche du tableau. De plus, son regard est parallèle à l’axe représentant la limite entre l’ombre et la lumière sur le mur de droite. Le père illustre donc un regard vers le ciel. Peut-être vers le divin, mais plus vraisemblablement vers un amour patriotique. En effet, il ne regarde même pas ses fils dans les yeux, ce qui aurait du coup illustrer un amour paternel. Mais dans cette oeuvre, le message est un message à la gloire du patriotisme.

 

 

W.G