Oeuvres

Le serment du Jeu de Paume de Jacques-Louis David

 

Le Serment du Jeu de paume De Jacques-Louis David en 1791 101.2 × 66 cm

Le Serment du Jeu de paume, Jacques-Louis David, 1791, 101.2 × 66 cm conservé au musée national du château de Versailles

 

Jacques-Louis David qui est un peintre fortement engagé, et qui particulièrement favorable à une révolution française vers 1789, va nous raconter un des moments clef de ce reversement des pouvoirs à savoir « Le serment du Jeu de paume » au travers de son tableau monumental. D’une hauteur de 66 cm, et d’une largeur de 101,2 cm a été réalisé par les techniques de la plume et de l’encre brune. Ce chef d’œuvre a été réalisé en 1791 et représente donc le 20 juin 1789. Ce tableau est conservé au Musée national du Château de Versailles. Notons que ce tableau se situe à mi-chemin entre la propagande et la commémoration. Cet épisode fondateur de la politique française marqua une étape décisive quant à son évolution, et ce thème fut largement répercuté par l’image selon le site de la Mairie de Paris : Carnavalet-Histoire de Paris.

 

Afin de tendre à résoudre la crise financière que subit le gouvernement français, Louis XVI convoque au printemps 1789 les Etats Généraux. Autrement dit, le roi fait venir les trois différents ordres de l’époque, qui se trouve être, la noblesse, le clergé et le tiers état. En raison des conservateurs des ordres privilégiés, cette réunion des états généraux ne débouche sur aucunes réformes satisfaisantes pour le tiers état. Les délégués progressistes souhaitent intégrer le vote par tête, et non plus par ordre. En effet, seul le vote par tête pourrait permettre un renversement du pouvoir. Le 17 juin 1789, la situation est encore bloquée. C’est alors que le tiers état se proclame « Assemblée nationale« . Par la suite, ils s’allieront avec une partie du clergé. Afin de faire obstacle à cette initiative à portée révolutionnaire du tiers état, la Cour autrement dit le Roi, fit fermer la salle des séances le 20 juin 1789. Les députés refusant de se laisser abattre, se rendirent dans un gymnase proche où était pratiqué le jeu de Paume. Cette salle se situait non loin du Château de Versailles. C’est alors qu’est proclamée solennellement le 20 juin 1789, que les députés ne se séparons pas avant d’obtenir une Constitution rédigée :
« Nous jurons de ne jamais nous séparer et de nous réunir partout où les circonstances l’exigeraient, jusqu’à ce que la Constitution du fût établie et affermie par des fondements solides. »

Par conséquent; le serment du Jeu de paume est illustration d’un évènement fondateur de la démocratie française qui engendrera la séparation des pouvoirs et de la souveraineté nationale. Je cite, selon la plateforme numérique du Château de Versailles : « En est issue l’Assemblée nationale Constituante qui a voté, en août 1789, l’abolition de la féodalité et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen« .

Nous analyserons avant d’aborder le tableau de Jacques-Louis David, la salle du Jeu de Paume autrement dit le gymnase royal au musée de la Révolution française selon l’approche du site internet du Château de Versailles. La salle du Jeu de paume; propriété privé; fut construite en 1686. C’est la famille royal, plus particulièrement le Roi lui-même qui y pratiquait la paume, qui se trouve être l’ancêtre du tennis. On peut mettre en avant un paradoxe dans ce lieu vivement fréquenté par la royauté mais qui fut plus tard l’emblème de la révolution, et du renversement des pouvoirs. En 1793, cette salle reviendra à la Nation de fait d’un décret de la Convention. Sous l’IIIe République, cet ancien gymnase sera restauré. Les travaux de restauration du bâtiment ainsi que le décor seront placés sous la direction de l’architecte Edmond Guillaume (1826-1894). C’est plus précisément en 1880, que débutera ces restaurations.  Cet architecte érigera un édicule soutenu par deux colonnes de marbre qui est surmonté d’un coq en bronze qui fut réalisé par Auguste Caïn. Cet édicule dorique encadre la statue en marbre de Sylvain Bailly. C’est autour de la salle que se dessine une frise de feuillages où sont peints les noms des différents signataires lors de l’évènement fondateur de la démocratie française de 1789. Vingt bustes y sont également présents afin d’illustrer les hommes les plus importants de cette assemblée.

Afin d’aborder l’analyse de cet œuvre de manière la plus complète qu’il soit, nous nous appuierons de plusieurs ressources numériques. La scène se déroule, comme nous l’avons vu précédemment, dans la salle du Jeu de paume, dont Jacques-Louis David dessinera l’architecture in situ. Dans cette composition, selon le site « Histoire par l’Image« , on peut remarquer que les députés sont organisés de façon à laisser penser à une ligne fictive comme nous pourrions le voir sur une scène d’un théâtre. Ce qui peut permettre au spectateur d’avoir la sensation d’appartenir au reste du public qui n’est pas présent sur le tableau. On voit donc apparaitre dans cette œuvre une certaine théâtralité, qui est accentuée par les gestes des députés. La nudité que l’on peut voir dans ce tableau illustre l’idéalisation de la scène selon Jacques-Louis David, qui n’était pas présent lors de ce moment symbolique. En effet, on peut voir cette représentation comme une façon de hisser ce moment historique au rang d’acte universel. Tous les personnages sont tournés vers le maire de Paris, Bailly, qui est ébauché sur la toile au crayon blanc. En effet, ce doyen du tiers état, répond au marquis de Dreux-Brézé, émissaire du roi : « Je crois que la nation assemblée ne peut pas recevoir d’ordres« . La personne prononçant le serment se trouve au centre de la représentation de David, ce qui peut symboliser l’union de la nation pour la Révolution. Autrement dit, tous les français, qu’ils soient protestants, catholiques, privilégiés ou non, ils sont tous unis pour une même cause. Cette toile inachevée de Jacques-Louis David représente quatre portraits pas tout à fait finis de Barnave, Michel Gérard, Dubois-Crancé et Mirabeau. Parmi les personnages ébauchés on peut distinguer Robespierre, Dom Gerle, l’abbé Grégoire, Rabaud-Saint-Etienne, le docteur Guillotin ou encore Treilhard.

Jacques-Louis David souhaite par son œuvre réalisé une nouvelle peinture représentative d’une nouvelle France révolutionnaire. C’est donc une mouvance révolutionnaire qui va nous être montré dans le cas présent. A l’aide du PDF provenant de la plateforme numérique  » lewebpedagogie.com« , nous étudierons de manière plus précise ce tableau. On peut remarquer que la source de lumière provient des spectateurs qui sont installés aux balcons. L’artiste donne ici, un rôle important au peuple, ce qui illustre aussi le rôle du peuple dans cet évènement historique, qui consiste en une sorte d‘inspiration des députés. Si nous reprenons la représentation des corps nus sous les vêtements, on peut y voir la formation néoclassique du peintre, ainsi qu’une certaine mise en valeur des personnages à l’antique. En effet, on voit donc une iconographie mythologique discrète qui fait son apparition dans cette œuvre. On a une réelle mise en mouvement des corps dans ce tableau, par les jeux des personnages qui mette en avant une ligne de force qui illustre comme nous l’avons dit précédemment l’union du peuple français contre les ordres privilégiés. On a une certaines sensations de bruits incarné par ce mouvement, mais également illustré par les bouches ouvertes des individus représentés. Notons que Jacques-Louis David n’a pas pu achever son œuvre. En effet, en 1792 il s’apprêtait à terminer son tableau seulement celui-ci n’était plus adéquate du point de vue politique. A cette époque, l’union nationale n’est plus d’actualité. De plus, certains personnages qui sont représentés sur « Le serment du Jeu de Paume« , sont devenus des « ennemis » de la Révolution. Prenons pour exemple, Mirabeau dont les correspondances avec le roi ont été découverte lors de la prise des Tuilerie en août 1792. Selon le point de vue du spectateur, ce tableau peut être perçu d’un point de vu négatif ou positif. En effet, en tant que conservateur des privilèges cette œuvre est l’annonciation de l’abolition des privilèges et de la société d’ordre. Dans le cas inverse, en tant que révolutionnaire ce tableau illustre l’émancipation des ordres privilégiés, mais aussi l’avènement de l’égalité des droits ainsi que l’intérêt collectif qui prime sur l’intérêt personnel ou d’une minorité du peuple.

 

W.G

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L’approche du mythe chez David : « Psyché abandonnée »

 

 

De Jacques-Louis David, en 1795, peinture à l'huile sur toile provenant d'une collection particulière. 80cm x 65cm

De Jacques-Louis David, en 1795, peinture à l’huile sur toile provenant d’une collection particulière. 80cm x 65cm

 

Ce tableau est un nu de Jacques-Louis David, peint vers 1795. La « Psyché abandonnée » fut redécouverte publiquement en 1991 lors de l’exposition « L’Antiquité rêvée » présentée au musée du Louvre en 2010. Son existence était connue par différente recensions provenant du peintre lui-même. Nous savons qu’elle  fut de passage dans plusieurs collections d’amateurs au XIXe siècle.

Du fait d’une forte admiration pour l’antiquité, Jacques-Louis David s’exercera plus particulièrement à la mythologie ainsi qu’aux sujets historiques durant son apprentissage. En 1775, Jacques-Louis David tenta pour la quatrième fois le prix de Rome, dont il avait auparavant obtenu la seconde place. Cette année-là, fut celle où il conquit le jury avec son œuvre « Érasistrate découvrant la cause de la maladie d’Antiochus », réalisé à l’École nationale supérieure des beaux-arts, à Paris. L’année suivante, l’artiste décide de partir pour Rome. Il y séjournera cinq années, où il dessinera différents paysages inspiré de Rome ainsi que ses environs. Autrement dit, il réalisera de nombreuses œuvres éprises d’une histoire antique. En effet, il en viendra à copier les Maîtres de l’Antiquité. A son retour en France en 1780, Jacques-Louis David s’est approprié un répertoire inépuisable de formes et de sujets mythologique. De plus, ce voyage s’est avéré d’une grande importance dans sa vie. En effet, il a acquis une certaine maturité révélée dans son Bélisaire (1781, Lille, musée des beaux-arts). Nous pouvons également voir cette maturité s’épanouir deux ans plus tard dans son tableau La douleur d’Andromaque (Paris, musée du Louvre).

Jacques-Louis David en 1774. Peinture à l'huile  120 cm × 155 cm  École nationale supérieure des beaux-arts, Paris

Jacques-Louis David en 1774.Érasistrate découvrant la cause de la maladie d’Antiochus, Peinture à l’huile, 120 cm × 155 cm, École nationale supérieure des beaux-arts, Paris

Représentant un nu féminin assis, le mollet coupé, cette jeune femme est abordée par le spectateur de profil. En revanche, son visage se dévoile à nous de face. La scène représentée dans ce tableau, correspond à l’abandon de Psyché par Eros (un des deux cupidons). Le dieu de l’amour éperdu de la jeune femme, va l’emmener dans son château où il lui rendra visite. Cependant, il demanda à sa femme de ne jamais le regarder. Ce qu’elle ne fit pas; la curiosité l’emporta sur sa raison. Par cet acte, Eros disparuabandonnant ainsi Psyché. L’explication de cet abandon est fournie par une des plateformes numérique du Louvre. En effet, dans le cas présent il ne s’agit pas du site officiel regroupant toute les œuvres abordées dans ce musée. Mais une plus petite plateforme dédiée à l’exposition sur « L’Antiquité rêvée : Innovation et résistances au XVIIIe siècle« . Ce site internet est particulièrement intéressant afin d’obtenir davantage d’informations sur cette exposition ainsi que sur les œuvres qui la détermine. La partie destinée au tableau de Jacques-Louis David « Psyché abandonnée », est illustrée d’une photographie de la peinture en question ainsi qu’une analyse qui permet aux spectateurs de mieux saisir la portée de l’œuvre. De plus, l’analyse stylistique du tableau se complète par une explication du mythe qui se déroule juste avant l’abandon de Psyché; que nous avons vu précédemment; permettant ainsi une meilleure compréhension du tableau de David.

Psyché étant traitée de façon anatomique, elle est représentée nue. Son visage éploré met en avant la douleur de son abandon, voir une certaine incompréhension dans son regard. Le corps, par son inachèvement illustre l’utilisation de la technique du frottis par David. La jeune femme est assise de profil devant un paysage sobre, sans aucune fleuriture. En effet, ce paysage esquissé et ce ciel bleu qui parait infini, met en avant une certaine légèreté du corps de Psyché. Ceci étant accentué par l‘utilisation des couleurs clairs pour l’arrière-plan. Ses mains sont délicatement collées l’une à l’autre, ce qui revoit à l’image de son corps qui se dessine sous des contours précis mais dont le pinceau délicat à su lui donner volupté et légèreté. Seul un bandeau vient orner la tête de la jeune femme. En effet, aucun objet ne vient briser le naturalisme de cette œuvre. L’absence de tout vêtementsbijoux, ou encore de végétation, instaurent une sérénité au tableau. C’est une manière de nous illustrer l’abandon dans toute sa simplicité.

Une hypothèse a été avancée indiquant que David a conservé son œuvre dans un état semi-esquissé. Les causes de ce supposé acte délibéré ne sont néanmoins, pas connus.

W.G

Les Sabines de Jacques-Louis David

 

De Jacques-Louis David, en 1799, Musée du Louvre, Paris

De Jacques-Louis David, en 1799, Musée du Louvre, Paris

 

Réalisée en 1799, l’œuvre a été dessinée dès septembre 1794, alors que David est emprisonné après la chute de Robespierre dont il était un proche. Cette œuvre fut exposée par David jusqu’en 1805 au musée du Louvre, avant d’être transportée en 1816 dans son atelier de l’église de Cluny, dont le peintre Gros assurait la surveillance. L’œuvre fut achetée par l’État, en même temps que Léonidas aux Thermopyles en 1819 pour la somme de 100 000 francs les deux. Le tableau fut alors exposé au musée du Luxembourg avant d’entrer au musée du Louvre, à la mort de David en 1826. Ce tableau néoclassique est une huile sur toile de 385 cm sur 522 cm, qui témoigne ici de la forte influence qu’a exercé l’antiquité

De Jacques-Louis David, en 1784  H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

De Jacques-Louis David, en 1784
H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

romaine sur sa peinture. Après son succès au concours de la villa Médicis, David a en effet poursuivi à Rome des études d’architecture et d’histoire antique. Il a d’ailleurs choisi pour ce tableau de 1799, un des épisodes légendaires de l’histoire romaine. En préparant cette toile, David avait affirmé : « Je veux faire du grec pur. » Il souhaitait se renouveler en abandonnant le style romain et sévère du Serment des Horaces (musée du Louvre) et Les Sabines fut donc pour lui un nouveau manifeste.

 

Nous débuterons cette article par l’histoire du mythe représenté sur ce tableau. De ce fait, nous utiliserons dans un premier temps, la plateforme nuérique du Louvre, qui aborde la mythologie associé à cette oeuvre de Jacques-Louis David. Cette représentation illustre un épisode légendaire des débuts de Rome au VIIIe siècle. En effet, lors de la fondation de Rome, les Romains manquant de femmes, ont décidés d’enlever les femmes des Sabins. Cette scène fut représenté par Poussin et elle est actuellement présentée au Louvre. L’épisode qui est représenté ici se situe trois ans après cet enlèvement lorsque les Sabins tentent de venir récupérer leurs épouses et que ces dernières s’interposent pour éviter le combat. Ce combat avait débuté sous les remparts du Capitole à Rome. Le peintre donne dans cette représentation un résumé frappant de ce combat.

Nous allons mettre en avant une analyse technique de cette composition. Notons que l’action se situe en extérieur. Le paysage quand à lui est à peine visible. Le sol est entièrement masqué par les personnages et le ciel n’occupe que la moitié supérieure droite du tableau. A l’arrière-plan, la forteresse nous dessine une vue imaginaire de Rome. Elle est particulièrement importante et domine en quelque sorte l’action; ce qui lui permet ainsi d’acquérir une valeur symbolique. Dans cette oeuvre, on a l’illusion d’un relief. En effet, contrairement au tableau de Poussin, que nous avons cités précédemment, tout s’ordonne autour d’un point de fuite central. Or, dans le tableau de David, il conserve un parti pris pour le frise, même au sein de la mêlée. Dans cet tableau, il n’y a pas de profondeur mais l’illusion du relief. On aborde un tableau homogène, avec des couleurs qui sont plutôt pâles : gris, beige, des rouges pâles. De plus, on ne voit pas de contrastes violents dans ce tableau. Nous pourrons remarquer qu’une grande attention est portée aux différents détails de cette œuvre grâce à l’utilisation de pinceaux très fins. Nous pouvons voir ces détails par la chaussure du Romain ou encore les reflets sur l’ongle du Sabin. Les vêtements ainsi que les armes se situent dans l’antiquité, ce qui suit bien le mythe des Sabines. On peut également remarque l’utilisation d’une toile particulièrement lisse, du fait des couleurs qui ont été déposées de façon très homogène sur une toile de lin dont on distingue la trame dans quelques endroits.

De jacques-Louis David  Zoom sur Romulus, le roi de Rome, dans les Sabines.

De jacques-Louis David
Zoom sur Romulus, le roi de Rome, dans les Sabines.

Nous analyserons les sujets abordés dans le tableau. On remarque que Jacques-Louis David a réussi à résumer toute l’action de cette oeuvre par le biais du groupe d’individus au centre du tableau qui se dénote des autres personnages. Le tableau s’articule autour des deux groupes que l’on peut voir distinctement. Ces deux groupes se font face et ils sont séparés par les Sabines. On peut voir à gauche les Sabins et au premier plan l’un de leurs guerriers. Il s’agit du roi des Sabins, Tatius. C’est le père de la Sabine, Hersilie qui s’interpose entre lui et le romain que l’on voit à droite. Il ne s’agit pas de n’importe quel romains, il s’agit du roi de Rome Romulus mais c’est également le marie d’Hersilie. Nous savons qu’il s’agit de Romulus, du fait de son bouclier, où l’on peut reconnaître le motif de la Louve. Ce motif illustre la création de Rome avec Rémus et Romulus. Ces deux guerriers se font donc face. Ils sont prêts à s‘affronter, l’un brandit une lance et l’autre est prêt à se défendre à l’aide de son bouclier. Grâce à l’arrivée d’Hersilie, cette attaque n’aura sûrement pas lieu. Hersilie située au centre est vêtue de blanc, ce qui symbolise peut-être la paix entre les romains et les Sabins. Les autres Sabines sont déployées derrière elle, également au centre de l’oeuvre. En effet, elles représentent toutes la causes de cette guerre, mais également les raisons de la paix. Toutes ses femmes s’interposent donc à cette guerre. Une autre des femme tente de les émouvoir du fait de son vieil âge, une seconde se jette aux genoux du soldat de droite, tandis que la troisième met en avant les enfants qui se trouvent allongés sur le sol. De plus, on peut voir juste derrière, une autre femme qui élève un enfant vers une forêt de lances. On voit donc, une intention franche de faire cesser ce combat de la part des femmes. On peut voir à gauche, des cavaliers ainsi que des enseignes et des piques, qui sont bien le symbole de la guerre.

A l’aide du site internet; Lettres.tice.ac-orleans-tours, nous aborderons des éléments afin d’obtenir une meilleure lecture de ce tableau. En effet, ce site répertorie plusieurs catégories, qui nous seront utilles; la description du tableau, le contenu narratif, l’analyse technique, et pour finir l’interprétation symbolique et l’enjeu idéologique. Nous nous intéresserons dans cette partie à l’interprétation symbolique de la toile, ainsi qu’à son enjeu idéologique. Dans un premier temps, il faut savoir qu’avant ce chef d’oeuvre, Jacques-Louis David a dessiné la première fois les Sabines lorsqu’il était en captivité au palais du Luxembourg, en septembre 1794. David ayant été élu député à la Convention en septembre 1792, il a voté pour la mort du roi. On peut donc voir dans l’oeuvre des Sabines, autrement dit dans la réconciliation entre les Romains ainsi que les Sabins, une illustration de la vie politique dans laquelle Jacques-Louis David évoluait. En effet, ce tableau peut être vu comme un plaidoyer pour la paix civile et la réconciliation nationale. On a donc un effet miroir entre l’art et la réalité. Ce tableau aborde aussi un passage de l’histoire de France relativement sanglante. Comme nous l’avons vu précédemment, Les Sabines est une oeuvre empreinte du néoclassicisme. On peut penser que cette oeuvre a pour volonté d’être une peinture d’histoire. Autrement dit, une peinture qui instruit sur certains évènements mais qui doit également avoir une porter esthétique afin de plaire à un grand public.

 

W.G

Le Serment des Horaces de Jacques-Louis David

 

De Jacques-Louis David, en 1784  H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

De Jacques-Louis David, en 1784
H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

 

Né d’une commande de Louis XVI qui voulait acquérir une œuvre noble et morale, le Serment des Horaces de Jacques Louis David (huile sur toile, 330 × 425 cm, musée du Louvre, Paris) illustre un épisode de l’Histoire de Rome. En effet, c’est au VIIe siècle avant J.-C., que les trois frères Horace, qui avait été choisis par les Romains afin de défier les Curiaces, champions des Albains. Le but étant de mettre fin à la guerre qui opposait les deux cités. Les romains ont reçus leur armes de leur père, quand aux femmes de leur famille, elles s’apitoient sur leur douleur. Cette commande royale, est à elle seule le manifeste d’un style artistique nouveau, le néoclassicisme selon la plateforme numérique du Louvre. Que ce soit l’architecture de la salle représentée, ou encore les attitudes des guerriers, tout dans ce tableau est régentés par la géométrie.

 

Jacques-Louis David a choisi ce sujet de l’histoire romaine pour sa première commande royale en 1784. En effet, il souhaite débuter sa carrière publique par une sorte de coup d’éclat à l’aide d’un tableau inspiré de nouveauté. De ce fait, il va délaisser les sujets mythologiques de son premier maître, Boucher. Le but étant de s’approprié les points communs des oeuvres des historiens romains et de la pièce classique de Corneille, Horace (1640). Ici est illustré une peinture morale empreinte de patriotisme. Il va néanmoins, dans cette oeuvre s’inspirer de l’art antique. Dans un premier temps, nous allons reprendre l’histoire des Horaces et des Curiaces afin de mieux saisir la porter de l’oeuvre. C’est au VIIe siècle av J-C., afin de parvenir à mettre fin à une guerre particulièrement sanglante entre Rome et Albe, que les deux cités vont désigner leur champions et par conséquent leur représentant. Rome choisit les Horaces, et Albe choisit les Curiaces. Cependant, il faut savoir que ces deux familles étaient unies par plusieurs mariages, d’où la représentation des femmes épleurées sur le côté du tableau. La scène représentée sur ce tableau, est sûrement une scène inventée par Jacques-Louis David. Elle illustre les Horaces avant le combat. Les trois frères sont représentés entrain de faire le serment de vaincre ou de mourir pour leur cité, à leur père. Comme nous l’avons dit précédemment, sur le côté droit nous pouvons voir plusieurs femmes rassemblées. Elles sont accablées et n’écoutent que leur sentiments face ce combat qui va bientôt commencer. Sabine, soeur des Curiaces et femme de l’aîné des Horaces, ainsi que Camille, soeur des Horaces et fiancée à l’un des Curiaces, inclinent tristement la tête. Derrière elles, la mère des Horaces embrasse ses petits-enfants.

De Jacques-Louis David, en 1784  H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

De Jacques-Louis David, en 1784
H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

La composition est large et simple. La scène se situe dans la cour intérieure d’une demeure de patriciens romains. Du fait de l’arrière-plan obscur, toute l’attention du spectateur est attirée sur le premier plan. L’espace est clos et il se trouve parallèle au plan du tableau. Les personnages sont représentés en grandeur nature. De plus, ils sont peu nombreux, on en décompte 9 personnages. Tout ces personnages sont disposés de manière précise; en frise au premier-plan. Cette représentation en frise, avec le bas-relief ainsi que l’architecture classique avec des colonnes doriques derrière les personnages, proviennent de l’antiquité. La représentation entière est statique. La scène se déroulant juste avant le combat, elle a pour symbole un moment solanel et fixé dans le temps par ce serment. Une certaines rigueur, et froideur se développe dans cette oeuvre. Ceci étant dû à la géométrisation importante dans ce tableau. Les traits horizontales et verticales de l’architecture fige la toile. La scène est construite sur un rythme dit ternaire. En effet, on peut voir trois parties distinctes. Nous commencerons par l’arrière-plan, avec les arcades qui coupent cette composition en trois parties, mais qui en même temps crée un lien entre les différents groupes de personnages, selon le site internet « mapage.noos« . A gauche, nous avons les trois frères, au centre le père, et à droite les femmes et les deux enfants.

Nous allons maintenant aborder les différentes lignes dans la composition. Nous avons tout d’abord de nombreuses lignes de fuites qui convergent toute vers les épées, symbole de ce serment qui se trouve être le sujet de ce tableau. Ceci étant accentué par les lignes qui découlent des quatre hommes. En effet, ils sont fortement dominés par des lignes droites, ce qui accentue le caractère sérieux de l’action. Mais aussi une certaines volonté de gagner et une virilité. En effet, les bras et les jambes sont tendus, on remarque les épées et les lances qui accentues les lignes droites. En contre partie, on peut voir des lignes courbes qui représentent les femmes et les enfants. Ces lignes courbes peuvent représentées le chagrins qui anéanti, et qui les écrase. En effet, elles s’abandonnes devant le serment auquel elle assiste. De plus, on peut voir que les hommes, qui sont debout surpasse la médiane horizontale de l’oeuvre, quant aux femmes et aux enfants, ils se situent qu’à la moitié inférieure. On a donc, un fort contraste entre le groupe des hommes et celui des femmes. De plus, ce contraste va être accentué par les couleurs de la composition. En effet, on peut voir que les hommes sont habillés avec des couleurs éclatantes, ce qui illustre une certaine vitalité, une force. En revanche, les femmes portent des couleurs plus pastelle. On peut donc penser que Jacques-Louis David veux nous illustrer que l’intérêt public, autrement dit dans le cas présent la défense de Rome (illustré par les hommes) prime sur les intérêts privés tels que l’amour, la famille, etc., qui sont illustré par les femmes.

De Jacques-Louis David, en 1784  H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

De Jacques-Louis David, en 1784
H. : 3,30 m. ; L. : 4,25 m. Musée du Louvre

Pour terminer, nous allons aborder la luminosité de ce tableau. On voit apparaitre un éclairage latéral et plutôt intense. Ceci étant dû au contraste réalisé avec le fond de la composition qui est quasiment noir. On peut voir que le père fait face à cette lumière qui provient de la gauche du tableau. De plus, son regard est parallèle à l’axe représentant la limite entre l’ombre et la lumière sur le mur de droite. Le père illustre donc un regard vers le ciel. Peut-être vers le divin, mais plus vraisemblablement vers un amour patriotique. En effet, il ne regarde même pas ses fils dans les yeux, ce qui aurait du coup illustrer un amour paternel. Mais dans cette oeuvre, le message est un message à la gloire du patriotisme.

 

 

W.G

Marat assassiné

Il en serait temps, attaquons-nous aujourd’hui au célèbre tableau de David, dont la reprise a su offrir un certain charme à la bannière de ce blog, soit, Marat assassiné. Le blog dont est extrait l’article sur lequel nous nous baserons pour cette étude s’intitule Vulg’art, et cache sous le sarcastique slogan « Un blog qui parle d’Art (mais aussi de peinture et de sculpture) » un petit trésor de vulgarisation artistique. Au fil des articles, l’internaute –celui même qui fréquente d’ordinaire les pages de jeux en ligne, et qui réfute le savoir qui lui est offert au bout d’un clic – pourra se cultiver et enrichir ses notions en Histoire de l’art pour épater la galerie. Tous les articles sont clairs, simples, parfois trop, et pourtant assez justes, le tout saupoudré d’une nuance d’humour dès l’intitulé.

« Martyr, c’est mourir un peu », voilà déjà le titre de l’article nous intéressant. Dans une première partie, l’auteur reprend l’historique de la scène, ou comment le 13 juillet 1793, Marie-Anne Charlotte Corday assassina Jean-Paul Marat, figure emblématique de la Révolution française. Sa mort fut immédiatement mise à profit, et naquit alors le premier grand martyr de la cause révolutionnaire. Pour appuyer ce nouveau statut, il fut proposé à Jacques Louis David, ami et compagnon de lutte de la victime, de représenter « l’injuste meurtre ». David s’en alla alors sur la scène du crime, faire un croquis du visage de son ami à peine froid, certainement sans avoir eu le temps de le pleurer, si bien qu’on peut se demander si l’art, ou l’usage de celui pour le bien de la Révolution passe avant le bien être des proches de David.

Jacques Louis David, Tête de Marat mort, 27 x 21 cm, musée national du château de Versailles.

Jacques Louis David, Tête de Marat mort, 27 x 21 cm, musée national du château de Versailles.

L’auteur entreprend ensuite de résumer les spécificités de David, son mouvement, ses valeurs esthétiques et morales. Il rappelle un juste rapprochement de la pose de Marat avec celle de la figure du Christ dans la Pietà de Michel-Ange. David aurait alors cherché à appuyer la condition de victime de Marat : le pauvre homme, dévoué à sa nation au point de travailler jusque dans un bain curatif (heureusement, nous savons aujourd’hui que l’eau est l’un des pires cauchemars de l’eczéma dont il souffrait) quand il fut lâchement assassiné. Le décor si activement épuré, si modeste que seule une caisse en bois meuble la scène, exprime la modestie et le rôle de bénévole de Marat dans la Révolution. L’auteur parvient même en rapprochant le tableau de Bruxelles à sa version préliminaire, à remarquer que le sourire du Marat pourrait exprimer que la Révolution, plus qu’un acte de la bourgeoisie, est l’affaire de chacun.

Enfin, après un bref aperçut de la vie de David, l’article se conclue sur la citation « Laissez-moi où je suis. Je ne demande rien. Je ne voulais que la tranquillité. Je l’éprouve, je suis content. Ubi bene, ibi patria” qui revient à faire penser que l’exil du peintre fut pleinement accepté par celui-ci.

Bien sûr, l’article ne fait que résumer ce que nous pourrions appeler une « analyse d’œuvre », en sa qualité de « vulgarisation » prôné par l’auteur, si bien que pour mériter sa place dans cette catégorie de notre blog, il est de notre devoir d’étoffer ses dires.

Après avoir été ébloui par la bannière éclatante de vitalité du site que voici, attardez vous un instant sur l’ingénieux outil proposé plus bas. Celui-ci propose des informations pratiques sur la composition du tableau, de la provenance de la lumière aux lignes de force, en passant par une douteuse palette de couleurs. Néanmoins, c’est clair, c’est frappant, voilà notre tableau décomposé.

Ensuite,  il nous faudra nous contenter des sources de Wikipédia. Car nous aurons beau dire, la page concernant notre tableau est extrêmement attrayante, car correctement fournie. Celle-ci cite David s’adressant au propos de Marat : «Le vrai patriote doit saisir avec avidité tous les moyens d’éclairer ses concitoyens et de présenter sans cesse à leurs yeux ses traits sublimes d’héroïsme et de vertus ». Le voici encore une fois, ce héros mort en martyr, que la France entière, et la Liberté même devraient pleurer. La signature de David « A Marat, David, l’an deux », résume autant l’amitié qui liait les deux personnages que leur engagement politique, puisque la date est ici traitée avec le calendrier républicain.

détail de la signature

Une esquisse d’un autre martyr fut réalisée par David, la Mort de Bara, malheureusement inachevée.

L’acmé est touchée, Marat pousse son dernier soupir dans un bain de sang – détail étonnamment morbide pour David, mais qui souligne le martyr de la victime – la lettre de sa meurtrière toujours en main, le tout admirablement, ou justement, ou bien même exagérément – selon le point de vue que vous adopterez – dramatisé par la poussée à un extrême du néoclassicisme dans la représentation magistrale de la mort pour la cause révolutionnaire.

C.C.

Éros et Psyché

Nous aborderons dans cet article l’étonnant tableau dÉros et Psyché, signé par David. De grandes dimensions ( 184x242cm ) le tableau fut critiqué de « disturbing and uncomfortable interpretation of the myth since its debut in 1817 » soit de « dérangeant et inconfortable interprétation du mythe, depuis ses débuts en 1817 », nous apprend Dorothy Johnson, jusqu’en 2009 directrice de l’Ecole d’Art et d’Histoire de l’art de l’université d’Iowa.

Nous nous baserons ici sur l’article Cupid and Psyche: Two Very Different Neoclassical Interpretations of the Myth by Jacques-Louis David and Angelica Kauffman, de Ann C. Thompson, posté en juin 2012 sur son blog, et tenterons d’analyser le tableau Éros et Psyché en rapportant celui-ci à notre problématique centrale (que je vous invite à retrouver ici). L’auteur reprend avec –semble-t-il, ou tout du moins j’en fus convaincue – des sources signées Lamp, Anita Brookner, ou Dorothy Johnson, Thomas Brown, parmi tant d’autres. Nous nous arrêterons malheureusement à la première partie de l’article, centrée sur l’œuvre de David.

Mais tout d’abord, remémorons-nous le mythe de Psyché et Éros. Psyché est une princesse si belle que les hommes n’osent la courtiser. Aphrodite, jalouse du succès de la jeune femme, envoie son fils Éros la transpercer d’une de ses flèches afin qu’elle tombe amoureuse du plus vil des monstres. Mais Éros se pique involontairement, et tombe amoureux de Psyché. Emportée par le vent Zéphyr et conduite dans un somptueux palais, où le dieu lui rend visite chaque soir après lui avoir fait promettre de ne jamais chercher à découvrir qui il était, Psyché se complait dans sa cage dorée. Notre tableau prend sa source ici, alors qu’Eros fuit le jour et le lit de Psyché. Pour la suite du mythe, car redécouvrir des détails est toujours enrichissant, je vous invite à consulter le lien suivant, où l’histoire de Psyché est résumée sans pour autant réfuter l’anecdote.

Maintenant, passons à une présentation sommaire de l’œuvre. Celle-ci se découpe en deux plans : le lit des amants au premier plan, laissé libre d’accès et largement accessible au spectateur de par son cadrage rapproché, et le paysage découvert par la fenêtre du palais. Celui-ci semble être une retraite, et si le paysage dominé d’une nature presque vierge évoque l’antiquité, le lit et l’intérieur de la pièce sont eux, largement plus contemporains à David. L’étrange lumière, qui ne provient pas de la fenêtre mais plutôt d’un point quelque part après le bord supérieur gauche, illuminant le lit, plonge le reste de la pièce dans une obscurité qui ajouté au large drapé rouge nous empêche d’admirer ce que Apulée dans ses Métamorphoses qualifiait de « palais merveilleux où les portes sont ornées de pierres précieuses et où le dallage du sol est d’or pur ».

détail signature

Le lit, sur le pied duquel le spectateur peut admirer la signature de David, est tapissé d’un bleu foncé et de motifs d’étoiles, rappelant la nuit, épisode privilégié de la vie du couple, puisque seul moment de rencontre pour Psyché et Éros. Mais ce lit si somptueux est défait, saccagé presque, si bien qu’outre les draps chiffonnés, la tête du lit semble bancale. Et les coupables de ce désordre sont là encore, inconscients de sa douleur.

Psyché est endormie, telle une Odalisque souligne Dorothy Johnson, profondément plongée dans un sommeil post coïte comme en témoignent ses joues rougies, inconsciente du départ de son amant. Éros est reconnaissable à ses ailes et à son arc qui semble rester à porté de main en toute circonstance, et est ici en mouvement. D’un bras, il dégage le bras de son épouse, et de l’autre s’extrait du lit, alors que le drap retient son pied gauche auprès de sa femme.

Pourtant, ce délicat détail ne parvient pas à convaincre le spectateur : David nous présente ici un « ruddy adolescent who smirks at the viewer as if to show off his latest conquest ». Éros a l’attitude et le physique dérangeant d’un adolescent, ravit de sa dernière conquête qu’il nous présente dans son rôle de personnage admoniteur. Il est fier et sa moue triomphante saurait presque nous glacer le sang, une fois l’article de Ann Thompson dévoré.

Avec une ironie déconcertante, celle-ci début par une citation de J.G. Herder : « The story of Cupid and Psyche is the most diverse, tenderest romance ever devised », ou « l’histoire de Cupidon et Psyché est la plus diverse, la plus tendre romance jamais conçue ». Je parle « d’ironie », car au fil de la lecture, vous en serez mené à détester cet Amour « vulgaire et juvénile » décrit par l’auteur. Éros n’a rien des corps magnifiques créés précédemment par David. « Amor is dark and has a clumsy prepubescent physique with an uneven skin tone » ou « Amour est sombre et a un maladroit physique préadolescent avec un inégal ton de peau », au point que Gros, élève de David, le compare à un faune plutôt qu’au dieu de l’amour.

détail personnages

Psyché s’oppose en tout à Éros : « She is a soft, graceful, and languorous beauty » ou « elle est une douce, gracieuse et langoureuse beauté ». David la présente comme une innocente victime à la merci d’une force divine presque maline, « Like an Odalisque, Psyche has no control in her relationship ». Psyché devient une espèce d’esclave au service de son maître plutôt qu’une amoureuse se languissant de l’absence de son époux le jour.

Dès lors, David représente « a darker aspect of the myth : the bestial eroticism and lust of a teenager » ou « un plus sombre aspect du mythe : le bestial érotisme et désir d’un adolescent ». Car Psyché est prisonnière de ce palais doré. Elle est l’esclave sexuel d’Éros, qui revient chaque nuit la tourmenter de désir.

Le parallèle de deux papillons présents dans la composition est remarquable, et leur seule présence résume la situation propre à chaque personnage. Le papillon blanc terni – ou même sali ?- s’envole vers la fenêtre, et reviendra à son bon vouloir. Le papillon doré lui, est comme piqué d’une épingle de collectionneur au lit. La composition des motifs de la tapisserie nous amène même à nous demander s’il est réellement vivant, ou un simple élément de décors, tout comme Psyché.

En se référant à Lamp, Ann Thompson évoque une autre vision, métaphorique, qui saurait relever le statut de Psyché. Son nom même en grec signifie à la fois « papillon » et « esprit ». Alors donc, il ne s’agirait plus simplement d’un asservissement sexuel, mais d’une « allegory for the relationship between Love and the Soul », ou « allégorie pour la relation entre l’Amour et l’Esprit ». Mais dans le tableau de David, l’Amour a été évincé par le Désir.

Enfin, Ann Thompson évoque un point qui nous intéressera ici plus encore : des éléments du tableaux évoquerait une certaine commémoration de la fin de l’Empire. Nous l’avons vu dans l’article concerné, David croyait en l’Empire, et sa chute l’oblige à l’exil. Tout d’abord, comme remarqué par Thomas Brown, le lit est typiquement napoléonien. Mais les couleurs, « unusually bright and intense for David’s palette » ou « extraordinairement lumineuses et intenses pour la palette de David » rappellent par le bleu et le doré les couleurs des appartements de l’empereur, alors que le tapis vert est semblable à celui du portrait de Napoléon de 1812.

Plus étonnant encore, l’iconographie du papillon nous ramène au passage de la mutation de rampant à volant, de vivant à mort. Le papillon au dessus de la tête de Psyché pourrait être son esprit la quittant, et le lit, un tombeau. Psyché serait alors l’Empire qui a tant apporté à David, cet idéal politique, qui à sa fin, a emporté le destin du peintre avec lui. Et s’il en est ainsi, qui serait alors Éros ? Cet adolescent qui sort à peine de l’enfance, et qui se permet d’être fier du corps lascif à ses côtés ? Il en va là de mon avis propre, et je me permets simplement de vous le témoigner : Éros serait la France. Encore jeune de sa révolution, trop impétueuse pour se faire aussi tendre que sa compagne le mériterait, et trop téméraire pour savoir quand elle la blesse, n’hésitant pas à la pousser à de terribles épreuves et à la mort même comme Éros poussa Psyché dans le mythe.

détails visages

Pourtant, une lueur d’espoir reste visible avec la fin du récit, puisque Éros en implorant Zeus parvient à hisser sa femme au rang d’immortelle. L’Empire est alors loin d’être une période révolue pour David. Malgré l’exil, et les détériorations de sa position avec la fin de celui-ci, l’Empire restera un souvenir omniscient et mélancolique. Celui-ci n’attend que d’être aimé à nouveau pour renaitre de ses cendres. Et avec une once de curiosité, nous pourrions nous demander si David n’aurait jamais été satisfait du couronnement de Napoléon III.

C.C.

Le Sacre de Napoléon

Cette toile de Jacques-Louis David est une commande de Napoléon en septembre 1804. Assisté par son élève Georges Rouget, le tableau est terminé en novembre 1807. Ce tableau est l’un des plus emblématique de David, il représente le sacre de l’empereur Napoléon Ier et le couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804. C’est un tableau qui fut peint durant l’empire, le 3e article de notre blog (dans la partie  contexte historique) propose de revenir plus précisément sur cette période.
Le site histoire-image est très bien fait. Afin d’analyser le tableau il propose une sorte d’étude en trois points : le contexte historique, l’analyse, et l’interprétation du tableau. De plus, il reprend le cartel du tableau, ce qui permet de légender la toile en cas d’utilisation d’image dans un dossier. Une bibliographie est aussi proposée. Cependant c’est un site assez « léger », les recherches ne sont pas très étoffées. C’est en somme une bonne introduction pour découvrir ce tableau pour le public en général.

Le Sacre de Napoléon est conservé au Louvre. Le site du musée propose de nombreuses images qui « zooment » sur le tableau. Il est ainsi plus facile pour des chercheurs de faire des analyses sur des endroits précis du tableau. Le  cartel est aussi présent, et le lieu de conservation du tableau dans le musée est indiqué, ce qui permet de savoir rapidement où est placé la peinture dans le musée si l’on désire aller la voir. Des informations pratiques comme les jours d’ouvertures du musée ainsi que l’adresse et le numéro de téléphone sont aussi présentes.

Le compte Youtube du Louvre propose une vidéo assez courte expliquant la force du tableau de Jacques-Louis David. Youtube est un site web hébergeant des vidéos, l’utilisateur peut voir, envoyer et partager des vidéos. D’autres plateformes de ce style existent : Dailymotion, RuTube… Cette vidéo est assez simple, étant très courte ( 2min11 ) elle ne permet pas de faire une analyse vraiment technique du tableau, elle « survole » plus le sujet.

Contrairement à elle, le site CNDP ( le Centre National de Documentation Pédagogique ) propose à travers une vidéo une analyse plus poussée de l’œuvre : elle analyse la cérémonie, les formes, l’iconographie de Joséphine et de Napoléon, des personnages… Le conservateur du musée de Versailles, où se trouve une copie du tableau réalisé par Jacques Louis David, est présent dans ce documentaire et apporte une touche de sérieux et de véracité.

Le site D’art-d’art propose quand à lui une analyse très complète du tableau. Le blog présente l’auteur, le contexte historique, le mouvement néoclassique ainsi qu’une analyse vraiment poussée de l’oeuvre. De plus, le blog se présente comme un site aidant  les élèves de 3e pour obtenir leur épreuve brevet d’Histoire de l’art et l’auteur comme un professeur d’art plastique. La source du blog est donc sûre, ce qui va rassurer les internautes qui sont en recherche d’informations.

Ce qui peut intriguer dans l’un des tableaux les plus vus du Louvre, ce sont les personnages qui sont représentés ( il y en a plus d’une centaine ). Le lien PDF ressource école s’attarde sur les principaux. Il introduit l’impératrice Joséphine, Napoléon, le pape Pie VII… Mais il présente aussi les nombreuses anomalies du tableau. Par exemple, la mère de Napoléon était absente ce jour là, mais elle est quand même représentée dans la toile grâce à une demande de l’empereur lui-même. L’impératrice, quand à elle, est représentée trop rajeunie, elle a plus de 41 ans le jour de ce couronnement. De nombreuse choses dans ce tableau sont trompeuses, même le nom du tableau. En effet, celui-ci se nomme le Sacre de Napoléon alors que c’est bien le couronnement de Joséphine qui est présenté.

L’article revient aussi sur la posture des personnages. Dans la scène précédent le couronnement de Joséphine, Napoléon, au moment où le pape allait prendre la couronne, la saisit et se couronna lui-même. L’empereur prend ici ses distances avec le pouvoir catholique et veut prouver qu’il est le représentant de Dieu sur terre, et non le Pape. Celui-ci est d’ailleurs à peine visible. Il est assis dans une position inférieure à Napoléon ce qui rappelle  la supériorité de celui-ci. Sa femme, Joséphine, se trouve à genoux, les mains jointes, en attente d’être couronné. Elle aussi est soumise à l’empereur.

 

R.R.