Introduction

David est l’une de ces figures emblématiques de la peinture française, celles que le monde entier apprécie, et dont chacun a déjà aperçu une reproduction de tableau. Tout internaute aura déjà croisé la route du Sacre de Napoléon, et sera ici ravit de comprendre comment l’artiste en est-il arrivé jusque là, alors que sa vie est balayée par les crises politiques de la fin du XVIIIème et du XIXème siècle.

Jacques Louis David naît à Paris le 30 août 1748. Après un apprentissage à l’Académie de Saint Luc, il entre en 1764 dans l’atelier de François Boucher, premier peintre du roi, avant de se tourner vers l’apprentissage de Joseph Marie Vien en 1766. Si en apparence, David a suivi le parcours très classique des peintres de sa génération (voir l’article sur l’Académie Royale), il est en vérité continuellement déçu du manque de reconnaissance que lui offre l’Académie royale de peinture. Il y entre en 1769, et met cinq ans, et donc cinq concours successifs – qui restèrent de cuisants échecs – à obtenir le premier prix de Rome. Il est envoyé en 1775 à l’Académie de France à Rome, aux côtés de son maitre Vien.

Son art passe alors d’un style rococo à une tendance plus italienne et plus antiquisante dès lors qu’il découvre Naples, Florence, Parme, etc. Il devient ce qu’on tend actuellement à qualifier d’emblème du néoclassicisme. De retour en France, il épouse Marguerite Charlotte Pécoul, fille de l’entrepreneur des bâtiments du roi, et sa dote lui permet d’ouvrir un atelier au Louvre. Ses œuvres de cette période ont toutes une forme de thématique commune, la peinture d’histoire, héritière des mythes et des légendes antiques, restant dans la tradition de la peinture royale et encourageant celle-ci.

Pourtant, David est dès 1786 un habitué des milieux aristocratiques libéraux, et toute son œuvre se prend alors dans le tournant de la Révolution Française, illustrant ses moments clefs et prônant ses valeurs. Jusqu’à la fin du Directoire, David s’investit particulièrement dans des portraits, prouvant l’intérêt montant de la bourgeoisie, maîtresse gagnante de la Révolution, à s’approprier le milieu des arts. En 1797 entre dans son atelier le jeune Jean-Auguste Dominique Ingres. Avec son tableau des Sabines, David intègre le nu dans des scènes de batailles et refuse de participer au jeu du Salon, qu’il dénigra tant qu’il alla jusqu’à voter en faveur du décret pour la suppression des académies en 1793.

En 1797, après avoir longtemps admiré le général puis Premier Consul Napoléon Bonaparte, il le rencontre enfin à son retour triomphal de la signature du traité de Campoformio, et lui propose de faire son portrait. La relation presque amicale qui le lie au futur empereur lui permet de devenir Premier Peintre en 1804 et recevoir notamment la commande du Sacre de Napoléon.

David est déchu de son titre durant la Première Restauration, mais récupère sa place auprès de l’empereur Napoléon durant la période des Cent jours. Après une première fuite en Suisse à la défaite de Waterloo, David s’exile en Belgique en 1816 en ayant confié son atelier à Antoine Jean Gros, et est rayé du registre de l’Académie. David s’enferme alors dans un univers en retrait, refusant les offres d’amnisties, et décède le 29 décembre 1825, malade et depuis quelques temps incapable de dessiner.

En résumé, il faudrait retenir chez David d’après Pierre Wat, enseignant à Paris 1 en Histoire de l’art contemporain, que :

– la trame politique dans ses œuvres est toujours une priorité. Elle est très présente et souvent virulente.

– durant la Révolution Française, il s’investit terriblement aux débats, étant très proche de Robespierre, et se concentre donc peu sur sa production artistique.

– ses rapports avec Napoléon Ier sont complexes, et il est nommé Premier Peintre de l’Empereur.

– à la chute de Bonaparte, il est forcé à s’exiler sous Louis XVIII pour Bruxelles, où il peint jusqu’à la fin de sa vie.

– il dirigeait un atelier, et avait donc des disciples qui perpétuèrent ses méthodes. Il influença donc longtemps le monde du néoclassicisme.

A la vue des différentes périodes politiques qui animent la vie de Jacques Louis David, nous aimerions nous interroger sur l’évolution politique et stylistique des œuvres de David. Comment un modèle traditionnel du système classique de l’Académie peut-il « retourner sa veste » et prendre part – artistiquement même parlant – à la Révolution française ? Nous nous demanderons donc comment David, après la chute de la monarchie absolue, a-t-il pu se reconstruire et s’adapter à chaque gouvernement politique de la fin du XVIIIème et du XIXème siècle ?

Nous espérons trouver une réponse à ce sujet au moyen de différentes sources numériques. Pour ce faire, nous débuterons le blog par une « remise en place » du contexte historique : les années 1750 à 1825 sont chargées de rebondissements politiques qui composent le quotidien de David. Il est donc nécessaire de se les remémorer précisément pour en saisir toute la portée sur son œuvre. Dans une deuxième partie, nous nous tournerons vers des articles plus poussés dans le schéma artistique, avec des articles concernant des périodes précises dans l’art de David, comme les portraits qu’il développe sous le Directoire. Enfin, nous nous intéresserons à des analyses d’œuvres, et tenterons d’en faire ressortir les évolutions artistiques qui traversent l’œuvre de Jacques Louis David.

 C.C.

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